Rungis — Chorégraphie du flux
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Dans les salles froides de Rungis, les images dévoilent un mouvement continu, presque chorégraphié. Les carcasses suspendues avancent sur des rails métalliques selon un rythme mécanique, tandis que les opérateurs — visibles en tenue blanche — exécutent des gestes précis pour orienter, trier ou découper. Tout dans ce lieu obéit à un flux maîtrisé, où chaque déplacement s’inscrit dans une logique d’organisation stricte.
Anatomie collective (France, Rungis)
Les carcasses, regroupées en grappes, composent une architecture organique occupant toute la hauteur disponible. Le contraste entre les teintes rosées et rouges et la froideur industrielle des parois crée une atmosphère où la matière animale devient un volume parmi d’autres, en mouvement constant sur les rails.

Le désosseur (France, Rungis)
Au centre de ce système, les opérateurs apparaissent comme les seuls corps vivants. Leurs gestes — tirer une carcasse, vérifier une étiquette, guider un crochet — forment une chorégraphie silencieuse, un passage entre la vie et ce qu’il en reste. Les détails visibles, comme les sacs d’abats, les cordelettes bleues et rouges, les outils suspendus ou les traces au sol, renforcent l’idée d’un ballet réglé par la technique et la répétition.

Chorégraphie du Flux (France, Rungis)
L’ensemble forme un système logistique où la mécanique impose le tempo tandis que l’intervention humaine ajuste, vérifie, organise. Photographier cet espace revient à montrer cette danse : un ballet industriel, une mise en scène du flux, où chaque élément observable — ateliers, carcasses, rails, opérateurs — joue un rôle dans la même partition.
